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Affiche anniversaire

L’OIF, au service des jeunes francophones!

David BongardAs-tu déjà entendu parler de l’OIF? Connais-tu l’Organisation Internationale de la Francophonie et les activités qu’elle réalise dans de nombreux pays avec et pour les jeunes? Pour toutes ces réponses et découvrir plus encore sur cette institution, je t’invite à lire cet interview que Crayonjaune a réalisé avec David Bongard, le direceur de l’OIF pour les pays de la Caraïbe et de l’Amérique Latine.

Est-ce que vous pouvez vous présenter pour les lecteurs de Crayonjaune?

Bonjour aux jeunes amis de Crayon Jaune. Je suis David Bongard, né à Fribourg, en Suisse. J’ai étudié les sciences politiques aux universités de Lausanne, de Londres et de Paris. Après avoir occupé un poste similaire dans les pays d’Europe orientale et centrale depuis la Roumanie, je suis maintenant le directeur du Bureau Régional de l’OIF pour les pays de la Caraïbe et de l’Amérique Latine (BRECAL). Ce bureau a son siège en Haïti.

C’est quoi la Francophonie?

Le célèbre écrivain francophone Léopold Sédar Senghor disais que « Dans les décombres du colonialisme, nous avons trouvé cet outil merveilleux – la langue française. La colonisation a été une aventure humaine. Comme toute aventure humaine, elle a charrié de la boue et de l’or. Pourquoi ne faudrait-il prendre que la boue et ne pas retenir les pépites? »

La Francophonie est née de la valorisation de ces pépites dont fait partie la langue française. Son histoire politique démarre il y a quarante ans, le 20 mars 1970 avec tout d’abord la création de l’agence de coopération culturelle et technique (ACCT) – devenue aujourd’hui l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sous l’impulsion de trois chefs d’État africains, Léopold Sédar Senghor du Sénégal, Habib Bourguiba de Tunisie, Hamani Diori du Niger et du Prince Norodom Sihanouk du Cambodge.

Deux termes s’utilisent généralement. Quand vous demandez ce qu’est la Francophonie avec le grand « F » c’est l’Institution elle-même. Mais la francophonie avec un petit « f » c’est toute la communauté francophone. Et à ce niveau, il s’agit tout simplement, d’une communauté de personnes qui parlent le français. Elle est aussi l’ensemble des pays où l’on parle le français. On dit en général qu’il y a 57 pays qui sont membres et si nous comptons les Etats et les gouvernements qui sont tous dans la famille francophone nous diront qu’il y en a 80 répartis partout dans le monde.

Il faut savoir qu’à la différence de tous les autres ensembles internationaux, la Francophonie n’est pas fondée sur un critère géographique, politique, économique, culturel, mais repose sur le seul critère d’une langue en partage et des valeurs communes, ce qui lui permet de développer de multiples coopérations entre ces pays tout en respectant les spécificités de chacun. Les valeurs communes qu’elle incarne et défend sont notamment la solidarité, la diversité culturelle, la démocratie, les droits de l’Homme et le droit à l’éducation.

Pourquoi avoir créé une telle organisation pour les pays francophones?

Les pays et personnes en général qui parlent le français ont pris conscience du fait que l’existence d’un espace commun et partagé de langue est utile pour les échanges et pour s’enrichir mutuellement. Ils se sont rendus compte qu’ils ont non seulement beaucoup de choses à partager mais aussi à gagner en se regroupant pour une solidarité active. Comme il est dit souvent : l’union fait la force !

A combien s’élève le nombre de personnes parlant français dans le monde? Dans combien de pays?

Le dernier rapport en date de l’Observatoire de la langue française, publié en 2014, estime le nombre de personne parlant français à 274 millions répartis sur les cinq continents. Dans une trentaine de pays, le français est l’unique langue officielle. Dans 26 pays, le français est l’une des langues officielles, mais ce n’est pas la seule. Par exemple en Suisse, on parle le français mais aussi l’allemand, l’Italien et le Romanche, et en Haïti le français et le créole. Mais dans d’autres pays le français n’est pas la langue officielle même si elle est aussi parlée.

Est-ce que tous les pays francophones font partie de la francophonie? Journée festive et educative du 21 03 15

Non. Par exemple il y a des communautés francophones en Algérie et en Israël, mais ces deux pays ne sont pas membres de l’OIF. C’est tout un parcours pour être membre avec certaines conditions.

Il faut noter que dans l’Organisation il y a différents statuts. Vous avez donc des pays et Etats membres mais aussi ceux qu’on appelle les observateurs. Ceci est souvent en fonction du statut de la langue dans le pays ou selon que les francophones constituent juste une communauté par exemple.

Où se trouve le Bureau de l’Organisation?

Le siège international de l’Organisation est à Paris en France.

Où se trouve le bureau en Haïti et depuis quand Haïti est-elle membre?

Notre siège en Haïti est à Péguy Ville depuis 2004. Cela fait 12 ans maintenant que ce Bureau est installé pour être la représentation régionale pour les pays de la Caraïbe (Haïti, Sainte Lucie et Dominique) et de l’Amérique Latine (Uruguay, Costa Rica, Mexique, République Dominicaine).

Quelles sont les activités que l’organisation réalise dans les pays francophones?

L’OIF mène des actions politiques et de coopération à l’endroit des populations de ses États et gouvernements membres. Ses champs d’action sont variés.  Et sont dans le  cadre des 4 grandes missions tracées par le Sommet de la Francophonie. Ces missions sont :

  • Promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique
  • Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme
  • Appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche
  • Développer la coopération au service du développement durable.
  • Quelle est la place des enfants dans la Francophonie?
  • Une attention particulière est portée aux jeunes et aux femmes ainsi qu’à l’accès aux technologies de l’information et de la communication dans l’ensemble des actions de l’OIF.

 

L’OIF accorde une grande importance aux jeunes puisque investir dans les jeunes, c’est investir dans l’avenir. Elle réalise plusieurs actions pour améliorer leur cadre de vie. L’OIF est particulièrement attachée aux questions relatives aux Droits de l’enfant et a déjà fait plusieurs actions dans ce sens notamment pour accompagner les cadres législatifs et juridiques dans ce sens.

Par exemple, elle organise des manifestations pour sensibiliser aux droits des enfants ainsi que des formations et renforcements de capacité qui visent à mieux faire connaitre, consolider et respecter les Droits de l’enfant dans l’espace francophone.

Education à l'environnement a châlet Mare RougeEn Haïti, avez-vous déjà réalisé des activités avec eux?

Oui nous en avons organisé et je pourrais citer pour exemple, l’édition d’un numéro spécial de « Boubou Mag » qui est une revue destinée à la jeunesse. Cela a été possible grâce à un partenariat avec les Editions Soleil. Cette édition spéciale a bénéficié de la collaboration de l’Association des professeurs de français d’Haïti (APROFH) et de l’organisation « Selakoun » qui œuvre dans le domaine de l’enfance avec un soutien technique de l’Office de la protection du citoyen et de la citoyenne (OPC). Il a été édité à occasion du 25e anniversaire de la Convention Internationale des droits de L’Enfant (CIDE) et des 20 ans de sa ratification par Haïti.

Nous avons aussi organisé une journée festive et éducative autour de l’environnement avec la jeunesse haïtienne le 21 mars 2015 en partenariat avec des structures comme Mady Haïti, SHIDE et l’institution classique des frères unis de Delmas.

Il y a également le concours de Jeune Journaliste en Haïti dont la deuxième édition a lieu cette année et est lancée jusqu’en juin. Nous invitons d’ailleurs tous les jeunes à y participer s’ils remplissent les conditions.

Nous avons aussi l’Initiative francophone pour la formation à distance des maitres (IFADEM). Comme vous le savez de bons maitres donne de bons élèves et de bons élèves, une meilleure société. IFADEM propose un dispositif de formation en partie à distance, adapté aux besoins de chaque pays, utilisant les technologies de l’information et de la communication, conçu et mis en œuvre conjointement avec le ministère en charge de l’éducation de base. Le projet existe Haïti mais aussi au Bénin, Burundi, Côte d’Ivoire, Liban, Madagascar, Mali, Niger, République démocratique du Congo, Sénégal, Togo. Lancement d’une phase d’extension en 2016 : Burkina Faso, Cameroun, Comores et Tchad.

Citons aussi la campagne « J’ai à cœur ma planète », grâce à laquelle l’OIF a mobilisé les jeunes, autour de la conférence de la COP21 qui a eu lieu en décembre 2015 à Paris. Le Bureau a contribué à y associer de jeunes de la Caraïbe en général et en particulier d’Haïti. Vous pourriez voir la vidéo en ligne.

Nous avons toute une Direction à Paris dédiée à l’Education et à la Jeunesse, une stratégie de jeunesse qui répertorie toutes les actions axées sur la jeunesse, une programmation 2015-2018 qui privilégie les jeunes et les femmes, et il y a plusieurs autres activités que vous pourriez voire aussi sur le site de la francophonie dédié à la jeunesse : www.jeunesse.francophonie.org.

Quelles étaient les activités de la francophonie le 20 Mars en Haïti?

Ce 20 mars a été très riche en activité. Nous avons notamment organisé avec la Société haïtienne d’histoire, de géographie et de géologie (SHHGG) à la Bibliothèque Nationale d’Haïti (BNH), une conférence sur l’occupation américaine. Cette action dénote de l’importance pour tout pays de récupérer, de conserver et de transmettre sa « mémoire historique ». Il y a eu également un Festival du film francophone avec plusieurs partenaires dont l’Ambassade de France de Suisse et du Canada, la Wallonie Bruxelles International. Nous avons aussi eu le concours national de chanson francophone avec ces même partenaires et l’Institut Français, sans oublier un concours en ligne sur Facebook (qui a fait participer toute la Caraïbe et même au-delà), sur le thème de cette année 2016 « Le pouvoir des mots » et le lancement du prix du jeune journaliste en Haïti de même qu’une journée porte ouverte, pour ne citer que ceux-là.

Journée internationale des droits des enfantsQuels sont les projets futurs de l’organisation pour les enfants et les jeunes en Haïti?

L’une de nos activités majeures est actuellement la campagne « Libres ensemble », contre la radicalisation sous toutes ses formes, des jeunes. En ce monde où le vivre ensemble perd du terrain, cette campagne vient pour faire entendre de nouveaux sons de cloches ; pour écouter des jeunes exprimer leur liberté. Comme le dit la Secrétaire Générale de la Francophonie «Libres ensemble » est pour mettre en exergue la force lumineuse des jeunes « Libres, face au spectre de l’horreur et de la terreur. Libres, de s’épanouir chaque jour. Libres, dans leur allégresse, leur fureur de vivre et leur créativité. Libres dans leur capacité d’innover, leur audace d’inventer. Libres, d’interpeller et de questionner. Libres, de se rassembler, de réclamer le respect des droits et de participer à l’exercice démocratique. Libres, d’engager des actions citoyennes, des initiatives constructives, solidaires, fraternelles. Libres, dans tous leurs modes d’expression. »

N’hésitez pas jeunes lecteurs à y participer en allant sur le site : www.libresensemble.com.

N’oublions pas le programme de Volontariat International de le Francophonie qui permet aux jeunes de renforcer leurs capacités professionnel avec la mobilité internationale. Le recrutement 2017 de ce programme sera d’ailleurs lancé dans les mois à venir. Restez à l’écoute pour ceux qui seront intéressés afin d’y participer.

Il y a enfin quelques projets surprises à venir et nous invitons nos jeunes amis à suivre de près notre page Facebook (https://www.facebook.com/oifcaraibe/) pour être informés de toutes nos activités en leur direction.

Avez-vous un mot spécial, en tant que représentant du Bureau de la Francophonie pour las pays de la Caraïbe et de l’Amérique Latine, pour les jeunes lecteurs de crayon jaune?

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour cette occasion que vous m’accordez d’échanger avec eux à travers « Crayon Jaune ». Jeunes d’Haïti et du monde, il est important que vous sachiez que vous êtes l’ « Avenir ». Il faut donc aujourd’hui poser des actes salvateurs afin que demain soit meilleur pour tous. Il faut aller à l’école et suivre les enseignements que l’on vous y donne tout en sachant garder votre indépendance critique. Il faut savoir prendre des initiatives et de bonnes. Ne laissez aucune place à la manipulation, la haine, la paresse et l’oisiveté. Le numérique est un excellent outil à utiliser pour cela mais dans un bon usage. Il faut que les gouvernants et les parents, les citoyens respectent vos droits et les droits humains en général. Il y a des textes et des lois en la matière. Ils sont faits pour être respectés.

Et n’oubliez pas de participez aussi à la campagne « Libre ensemble » de la Francophonie sur internet pour partager avec nous votre engagement pour une vie meilleure.

 

 

 

 

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